IMPORTANCE DE LA DOT EN AFRIQUE ET AU TOGO
Le mariage étant une institution divine et sociale, la légitimité et la valeur de celui d’un africain résident dans l’accomplissement d’une étape cruciale appelée la « DOT » ou « LA COMPENSATION MATRIMONIALE ».
La dot est une marque de valeur et d’identité africaine en général, mais aussi bien une pratique solennelle togolaise. Elle est une marque d’évaluation et de certification de la légitimité de l’union d’un couple africain. Par essence, c’est un bien apporté par un homme à ses beaux parents pour sceller son union avec leur fille. La compensation matrimoniale n’est pas une cérémonie ou un fait quelconque en Afrique. Elle existe depuis très longtemps dans les cultures africaines et est un facteur qui peut prouver que l’homme est prêt à conquérir sa future femme. Chaque ethnie, chaque micro-culture a sa manière de pratiquer la dot ou la compensation matrimoniale en Afrique et au Togo. Mais passer tout cela, quel est le vrai sens de cette pratique coutumière matrimoniale ?
Par exemple au Maroc, avant l’avènement de l’Islam, le prétendant (ou sa famille) versait au père de la jeune fille une compensation (en nature ou en espèces) appelée mahr; et il remettait à cette dernière un « cadeau » (facultatif) nommé sadaq. Nombreux sont les auteurs qui ont considéré le mahr comme le « prix d’achat » de la personne de la mariée et assimilé le mariage arabe à une « vente » pure et simple (Fahmy, 1990 : 141 ; Jacques-Meunié, 1944 : 78-79 ; Salmon, 1904 : 276). Il est vrai que dans la société préislamique la femme jouissait d’une condition très précaire, aussi bien sous le toit paternel que sous le toit conjugal. Jeune fille, son père avait droit de vie et de mort sur elle. Ainsi, il pouvait spéculer sur son mariage en la livrant au plus offrant. Veuve, l’institution du lévirat permettait à l’héritier de son défunt de la garder comme épouse, de la céder à un consanguin, ou de la marier à un prétendant de son choix moyennant une compensation (Mernissi, 1987 : 152). Néanmoins, si la conclusion du mariage prenait effectivement la tournure d’une transaction commerciale, ce n’est pas la femme qui était échangée contre des biens matériels. Les travaux anthropologiques sur cette prestation, communément appelée le « prix de la mariée » (bride price), ont montré qu’elle constitue pour l’époux le paiement de certains droits qu’il acquiert sur la femme et sa progéniture, tandis que pour le père elle représente un dédommagement pour les frais d’entretien de la fille, pour la perte de son potentiel de procréation, voire sa force de travail (Mair, 1974 ; 53-55).
Au Togo, le mariage ne se limite pas entre deux personnes qui s’aiment. Parce que le mariage togolais veut qu’en cas de dispute, il y ait un groupe de tierce personne, pouvant aider à régler les choses. D’ailleurs au Togo, on ne se marie pas à son conjoint mais à la famille de ce dernier. La dot par nature permet de sceller l’alliance qui naît entre deux familles des prétendants. La cérémonie de la dot rassemble des témoins oculaires et auriculaires de cette union solennelle.
Avant qu’un homme puisse épouser une fille, il faut qu’il aille doter cette dernière auprès de ses parents afin d’obtenir les bénédictions de ceux-ci et la communauté qui a vu grandir sa future épouse. C’est pourquoi ce dernier a pour devoir, culture exige, de présenter à la famille de sa future femme un certain nombre d’articles que ces derniers auront demandé. C’est d’ailleurs l'attestation de cette cérémonie qui leur permettrait de se présenter devant le maire pour une cérémonie de mariage civile. Techniquement, sans dot, la légitimité administrative du mariage serait généralement menacée...
À suivre....



Bravo mon frère...je confirme
RépondreSupprimerIl semble que cela n'est plus obligatoire ou exigé au Togo. Entre temps c'était limité à 10.000 francs, mais comment l'Etat qui n'a participé en rien a l'éducation d'une fille peut se permettre de fixer le prix de sa dot? Toutefois, cela pourrait régler les problèmes d'exagération. Bravo frère pour l'article
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